Comment être cité par ChatGPT

Trois conditions, et l'ordre compte. Être lisible : ce qui n'est pas dans ton HTML brut n'existe pas pour le robot. Avoir quelque chose à reprendre : un chiffre, une liste, une source, une phrase qu'on peut citer. Être connu ailleurs : c'est le facteur le plus lourd de tous, et c'est le seul que ton site ne peut pas régler seul.

Les deux premières se mesurent, et se corrigent cet après-midi. Sur 593 sites français, la première est presque toujours acquise et la seconde presque toujours ratée : 84 % des sites n'offrent rien qu'une IA puisse reprendre.

1. Être lisible : le robot ne clique pas

ChatGPT ne « visite » pas ton site comme un visiteur. Son robot télécharge le HTML et s'arrête là. Il n'exécute pas le JavaScript, il n'attend pas que ton menu se déploie, il ne fait pas défiler la page. C'est mesuré sur plus de 500 millions de requêtes de GPTBot : zéro exécution de script. Les robots d'Anthropic et de Perplexity font pareil. Seuls Googlebot et Applebot rendent le JavaScript, et ça ne couvre ni ChatGPT, ni Claude, ni Perplexity.

Concrètement : si ton texte est injecté par un script après le chargement, le robot voit une page vide. Si ta page d'accueil est une animation et trois boutons, il voit trois boutons. C'est pour ça que le texte présent dans le HTML brut pèse 20 points sur 86 dans ce barème, le poids le plus lourd de la grille, et qu'une page sous 100 caractères de texte voit son score plafonné à 40 quoi qu'elle fasse d'autre.

La bonne nouvelle du banc : c'est rare. Seuls 14 % des sites mesurés perdent des points ici. La plupart des sites français sont techniquement lisibles. Le problème est ce qu'il y a à lire.

Source : Vercel · The rise of the AI crawler

2. Avoir quelque chose à reprendre

Une IA qui répond à une question cherche des éléments qu'elle peut reprendre tels quels : un chiffre daté, une liste d'étapes, une source nommée, une phrase attribuée à quelqu'un. C'est le seul levier du domaine dont l'effet a été mesuré en expérimentation contrôlée : dans l'étude fondatrice du GEO (Princeton et Georgia Tech, KDD 2024), ajouter des statistiques, des citations et des sources à une page lui fait gagner 30 à 40 % de visibilité dans les réponses générées. Réécrire la page avec des mots-clés, l'astuce SEO classique, ne fait rien, ou la dégrade.

C'est le poids qu'a cette vérification ici : 14 points sur 86, quatre leviers comptés séparément (chiffres, liste ou tableau, sources externes, citation), trois leviers pleins suffisent. Et c'est là que se perd l'essentiel : 51 % de tous les points perdus par les 593 sites du banc viennent de cette seule vérification.

Ce que ça demande à une page d'accueil n'est pas d'être un article. Un artisan qui écrit « installés depuis 2009, 1 200 chantiers, devis sous 48 h » a trois chiffres. Une liste de ses prestations est une liste. Un lien vers la norme qu'il applique ou l'organisme qui le certifie est une source. Le banc le montre : 78 sites obtiennent le maximum sur cette vérification sans bloquer un seul robot, et aucun n'est un média. Parmi eux, une librairie strasbourgeoise (73 sur 100), un serrurier niçois (92 sur 100) et un graphiste indépendant parisien (100 sur 100).

Trois détails qui font la différence entre « reprenable » et « décoratif ». Le chiffre est daté ou dérivé de quelque chose de daté, sinon il vieillit sans qu'on le voie : la fraîcheur pèse 13 points dans ce barème, parce que les pages citées par les assistants sont en moyenne 25,7 % plus récentes que le résultat de recherche moyen. La liste est une vraie liste HTML, pas des tirets dans un paragraphe : une machine ne devine pas une énumération. Et la page a un auteur identifiable, parce que l'absence d'auteur est un suppresseur de citation documenté.

Sources : GEO · arXiv 2311.09735 (KDD 2024)Ahrefs · les assistants IA citent du contenu plus frais

3. Être connu ailleurs : la condition que ton site ne règle pas

C'est la partie qu'un outil comme celui-ci doit dire clairement, parce qu'elle le limite. La mesure la plus large disponible, sur 75 000 marques, montre que les facteurs les mieux corrélés à la visibilité dans les réponses des IA sont hors du site. Les mentions de la marque sur le web, avec une corrélation de 0,66 à 0,71, devancent très largement tout facteur technique de page, tous sous 0,3.

Autrement dit, ChatGPT cite ce dont on parle déjà. Être lisible et citable te rend éligible : quand le modèle cherche une source sur ton sujet, ta page peut être retenue au lieu d'être écartée pour une raison bête. Être connu te rend probable. Le premier se corrige sur ton site. Le second se construit en dehors, par les gens qui te citent, les annuaires de ton métier, la presse locale, un ordre professionnel qui te référence.

Wikipedia illustre le piège. Elle représente 47,9 % des dix premières sources de ChatGPT sur 680 millions de citations analysées, et pourtant « être sur Wikipedia » est un mauvais conseil : y figurer est une conséquence de la notoriété, pas un moyen de l'obtenir. La méthode explique pourquoi le barème ne le demande pas.

Sources : Ahrefs · facteurs de visibilité de marque dans les IA (75 000 marques)Profound · schémas de citation des plateformes IA (680 M de citations)

Ce qui ne fait rien, malgré ce qu'on te vend

Voir où en est ta page

Le scan mesure les deux premières conditions, vérification par vérification, avec ce qui manque précisément à ta page d'accueil. La médiane des sites français est de 85 sur 100 : ce n'est pas un test qu'on rate, c'est un test qui dit où tu te situes. Dix secondes, sans inscription.

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